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   Puis, comme de Wardes demeurait désarmé et étourdi, Raoul remit son épée au fourreau, le saisit au collet et à la ceinture et le jeta de l'autre côté de la barrière, frémissant et hurlant de rage.
   -- Au revoir! au revoir! murmura de Wardes en se relevant et en ramassant son épée.
   -- Eh! pardieu! dit Raoul, je ne vous répète pas autre chose depuis une heure.
   Puis, se retournant vers Buckingham:
   -- Duc, dit-il, pas un mot de tout cela, je vous en supplie; je suis honteux d'en être venu à cette extrémité, mais la colère m'a emporté. Je vous en demande pardon, oubliez.
   -- Ah! cher vicomte, dit le duc en serrant cette main si rude et si loyale à la fois, vous me permettrez bien de me souvenir, au contraire, et de me souvenir de votre salut, cet homme est dangereux, il vous tuera.
   -- Mon père, répondit Raoul, a vécu vingt ans sous la menace d'un ennemi bien plus redoutable, et il n'est pas mort. Je suis d'un sang que Dieu favorise, monsieur le duc.
   -- Votre père avait de bons amis, vicomte.
   -- Oui, soupira Raoul, des amis comme il n'y en a plus.
   -- Oh! ne dites point cela, je vous en supplie, au moment où je vous offre mon amitié.
   Et Buckingham ouvrit ses bras à Bragelonne, qui reçut avec joie l'alliance offerte.
   -- Dans ma famille, ajouta Buckingham, on meurt pour ceux que l'on aime, vous savez cela, monsieur de Bragelonne.
   -- Oui, duc, je le sais, répondit Raoul.

   Chapitre LXXXVIII -- Ce que le Chevalier de Lorraine pensait de Madame


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