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le tout avec des efforts et des peines qui eussent incommodé un mort, mais qui ne firent pas même ouvrir l'oeil à Porthos et n'interrompirent pas une seconde l'orgue formidable de ses ronflements.
   Aramis voulait, de son côté, nature sèche et nerveuse, armée d'un courage exquis, braver aussi la fatigue et travailler avec Gourville et Pellisson; mais il s'évanouit sur la chaise où il s'était obstiné à rester. On l'enleva pour le porter dans une chambre voisine, où le repos du lit ne tarda point à provoquer le calme de la tête.

   Chapitre LXXV -- Où M. Fouquet agit

   Cependant Fouquet courait vers le Louvre au grand galop de son attelage anglais.
   Le roi travaillait avec Colbert. Tout à coup le roi demeura pensif. Ces deux arrêts de mort qu'il avait signés en montant sur le trône lui revenaient parfois en mémoire. C'étaient deux taches de deuil qu'il voyait les yeux ouverts; deux taches de sang qu'il voyait les yeux fermés.
   -- Monsieur, dit-il tout à coup à l'intendant, il me semble parfois que ces deux hommes que vous avez fait condamner n'étaient pas de bien grands coupables.
   -- Sire, ils avaient été choisis dans le troupeau des traitants, qui avait besoin d'être décimé.
   -- Choisis par qui?
   -- Par la nécessité, Sire, répondit froidement Colbert.
   -- La nécessité! grand mot! murmura le jeune roi.
   -- Grande déesse, Sire.
   -- C'étaient des amis fort dévoués au surintendant, n'est-ce pas?
   -- Oui, Sire, des amis qui eussent donné leur vie pour M. Fouquet.
   -- Ils l'ont donnée, monsieur, dit le roi.

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