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Á propos
-- Il y a dix-sept cents hommes à Belle-Île, monsieur, répliqua le pêcheur avec orgueil. Savez-vous que la moindre garnison est de vingt-deux compagnies d'infanterie?
-- Mordioux! s'écria d'Artagnan en frappant du pied, Sa Majesté pourrait bien avoir raison.
Chapitre LXIX -- Où le lecteur sera sans doute aussi étonné que le fut
d'Artagnan de retrouver une ancienne connaissance
Il y a toujours dans un débarquement, fût-ce celui du plus petit esquif de la mer, un trouble et une confusion qui ne laissent pas à l'esprit la liberté dont il aurait besoin pour étudier du premier coup d'oeil l'endroit nouveau qui lui est offert.
Le pont mobile, le matelot agité, le bruit de l'eau sur le galet, les cris et les empressements de ceux qui attendent au rivage, sont les détails multiples de cette sensation, qui se résume en un seul résultat, l'hésitation.
Ce ne fut donc qu'après avoir débarqué et quelques minutes de station sur le rivage que d'Artagnan vit sur le port, et surtout dans l'intérieur de l'île, s'agiter un monde de travailleurs. À ses pieds, d'Artagnan reconnut les cinq chalands chargés de moellons qu'il avait vus partir du port de Piriac. Les pierres étaient transportées au rivage à l'aide d'une chaîne formée par vingt cinq ou trente paysans.
Les grosses pierres était chargées sur des charrettes qui les conduisaient dans la même direction que les moellons, c'est-à-dire vers des travaux dont d'Artagnan ne pouvait encore apprécier la valeur ni l'étendue.
Partout régnait une activité égale à celle que remarqua Télémaque en débarquant à Salente. D'Artagnan avait bonne envie de pénétrer plus avant;