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   -- Oui, amis. Venez, Gourville.
   -- Vous sortez? Vous ne soupez donc pas?
   -- Je serai ici dans une heure, soyez tranquille. Puis tout bas à Gourville: -- Qu'on attelle mes chevaux anglais, dit-il, et qu'on touche à l'Hôtel de Ville de Paris.

   Chapitre LVI -- Le vin de M. de La Fontaine

   Les carrosses amenaient déjà les convives de Fouquet à Saint- Mandé; déjà toute la maison s'échauffait des apprêts du souper, quand le surintendant lança sur la route de Paris ses chevaux rapides, et, prenant par les quais pour trouver moins de monde sur sa route, gagna l'Hôtel de Ville. Il était huit heures moins un quart. Fouquet descendit au coin de la rue du Long-Pont, se dirigea vers la place de Grève, à pied, avec Gourville. Au détour de la place, ils virent un homme vêtu de noir et de violet d'une bonne mine, qui s'apprêtait à monter dans un carrosse de louage et disait au cocher de toucher à Vincennes Il avait devant lui un grand panier plein de bouteilles qu'il venait d'acheter au cabaret de l'Image de-Notre-Dame.
   -- Eh! mais c'est Vatel, mon maître d'hôtel! dit Fouquet à Gourville.
   -- Oui, monseigneur, répliqua celui-ci.
   -- Que vient-il faire à l'Image-de-Notre-Dame?
   -- Acheter du vin sans doute.
   -- Comment, on achète pour moi du vin au cabaret? dit Fouquet. Ma cave est donc bien misérable!
   Et il s'avança vers le maître d'hôtel, qui faisait ranger son vin dans le carrosse avec un soin minutieux.
   -- Holà! Vatel! dit-il d'une voix de maître.
   -- Prenez garde, monseigneur, dit Gourville, vous allez être reconnu.

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